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    <title>LES PILLEURS DES CALANQUES</title>
    <section>BRACONNAGE</section>
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      <title>LES PILLEURS DES CALANQUES</title>
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        <p>Ils n'étaient pas équipés d'armes à feu, mais de fusils harpons.</p>
        <p>N'attaquaient pas les banques, mais les fonds sous-marins. Entre 2013 et 2017, quatre braconniers ont rĂ©guliĂšrement plongĂ© dans la rĂ©serve du parc national des calanques de Marseille pour y pĂȘcher des poissons protĂ©gĂ©s, qu'ils revendaient ensuite aux restaurants les plus en vue.</p>
        <p>Évidemment, ça s'est mal terminĂ©.</p>
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      <publisher>So Presse</publisher>
      <creator>PAR JEAN-BAPTISTE MOUTTET, À MARSEILLE / PHOTOS: YOHANNE LAMOULÈRE POUR SOCIETY</creator>
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          <p><b>D</b>ans une eau turquoise, un plongeur glisse lentement entre des récifs. Le canon de son fusil harpon s'immobilise. Un poisson apparaßt à quelques mÚtres. Mise en joue.</p>
          <p>Une détonation sourde. La flÚche part dans un sifflement prolongé. Au bout de la ligne, la victime se débat. Un vain espoir. La scÚne a été filmée par Sigalsub, l'équipementier italien de David Rogliano.</p>
          <p>Ces automatismes, le chasseur sous-marin apnĂ©iste aguerri les rĂ©pĂšte depuis des annĂ©es, et pas seulement lĂ  oĂč il a le droit. Ce grand connaisseur du parc national des calanques, qui s'Ă©tend de Marseille Ă  La Ciotat, a Ă©copĂ© le 11 juillet dernier de 18 mois de prison avec sursis, tout comme son ami StĂ©phane Avedissian ; Rodolphe Garcin et RĂ©mi Patriarca, eux, s'en sont tirĂ©s avec trois mois de moins. Il faut dire que le butin de ceux que la presse locale a surnommĂ© “les pilleurs des calanques” Ă©tait gargantuesque. D'aprĂšs les estimations des gendarmes, ce sont 750 kilos de poissons, 75 kilos de poulpes et 2 900 douzaines d'oursins qui ont Ă©tĂ© pĂȘchĂ©s illĂ©galement en seulement quatre mois et demi. Sur quatre ans, les chiffres donnent encore plus le tournis: selon les avocats des parties civiles, les braconniers ont soutirĂ©, sans se prĂ©occuper de la lĂ©gislation, pas moins de 4,6 tonnes de poissons, 322 kilos de poulpes et 16 940 douzaines d'oursins entre 2013 et 2017.</p>
          <blockquote>L'Ăźle de Riou et ses falaises acĂ©rĂ©es n'ont pas Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©es. <i>“LĂ , tu vas me lĂącher Ă  Riou, tu vas voir, je vais les enculer, les oursins!”</i> <b>StĂ©phane Avedissian sur une bande d'Ă©coute tĂ©lĂ©phonique</b></blockquote>
          <p>Leur mĂ©thode Ă©tait rodĂ©e. DĂ©part par mauvais temps, de nuit, afin d'ĂȘtre plus discrets. Direction les sept zones de non-prĂ©lĂšvement (ZNP) des calanques que l'avocat du parc, SĂ©bastien Mabile, surnomme <i>“des banques de biodiversitĂ©â€ </i>. CensĂ©e ĂȘtre Ă  l'abri de tout prĂ©dateur humain, la faune s'y reproduit en toute tranquillitĂ© et essaime ensuite la mer MĂ©diterranĂ©e. <i>“Ce qui profite finalement aux pĂȘcheurs professionnels” </i>, note le directeur adjoint du parc, Nicolas Chardin. Les braconniers n'avaient que faire de ce cercle vertueux.<br/></p>
          <p><i>“J'ai cassĂ© le cul aux roums </i>(les mĂ©rous, dont la pĂȘche est interdite, ndlr). <i>Et Ă  un moment donnĂ©, j'ai trouvĂ© une rague oĂč il y en avait quatre ou cinq dedans. On en a tirĂ© deux et aprĂšs, tout autour, on en a tirĂ© (...)”, </i>entend-on dire David Rogliano sur une bande d'Ă©coute tĂ©lĂ©phonique, en parlant de la zone de non-prĂ©lĂšvement de Planier, cette petite Ăźle abritant seulement un phare mais dont le plateau immergĂ© est rĂ©putĂ© poissonneux. L'Ăźle de Riou et ses falaises acĂ©rĂ©es n'ont pas Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©es non plus. <i>“LĂ , tu vas me lĂącher Ă  Riou, tu vas voir, je vais les enculer, les oursins!” </i>s'exclame StĂ©phane Avedissian qui, lors d'une autre Ă©coute, se frotte les mains dans la perspective de faire <i>“une enculerie aux dorades” </i>. Leurs chasses les auront aussi menĂ©s jusqu'Ă  la calanque de Cortiou, oĂč sortent les eaux usĂ©es de Marseille.</p>
          <h3>Des bons gains et de bonnes excuses</h3>

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