<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<entity xmlns="http://xmlschema.immanens.com/validateSchema/ImmXML/3.0.3" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://xmlschema.immanens.com/validateSchema/ImmXML/3.0.3 http://xmlschema.immanens.com/validateSchema/ImmXML/3.0.3/entity.xsd">
<pp_metadata>
<IDAX>VXN4L1dUcFBFc1RyV25mb21OMWhBZnVNSk12N1NXeVArbWQvdWxycUpxNlNvTmFadnFCendQWlZwdnpydXRrMzo6PpMK0I0QWiVItJi6nU5Q8g==</IDAX>
<PV_LINK/>
<PDF_pages>
<page>H_SOCIETY_20180823_00088_O</page>
</PDF_pages>
<SEAL>RzhiYTFkbmFubDgwSFF0QW5pb1B0Sll6OU53NC9acUIwUDNwTlRDNWtUaz06Otiil2YpAVjGR2bQ4rQ4aYw=</SEAL>
</pp_metadata>
<entityMetadata>
<identifier>882202</identifier>
<title>L'EX-CHOUCHOU DU PALAIS</title>
<section>DOSSIER</section>
<subSection/>
<type>story</type>
</entityMetadata>
<item>
<itemMetadata>
<identifier>882202_k1</identifier>
<title>L'EX-CHOUCHOU DU PALAIS</title>
<toptitle>MAKAO</toptitle>
<header>
<p>.Parmi “l'agence tous risques” entourant Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, il y avait donc <b>Alexandre Benalla, </b>l'homme par qui le scandale est arrivé. Mais aussi <b>Makao, </b>un autre de ses gardes du corps, d'abord médiatique, puis sulfureux lui aussi, au point d'avoir dû quitter la cour présidentielle. Il revient ici sur son expérience aux côtés du <i>“chef” </i></p>
</header>
<publisher>So Presse</publisher>
<creator>PAR PAUL LARROUTUROU</creator>
<contributor/>
<language/>
<subject/>
<genre/>
<type>text</type>
<relation>
<isParentOf>882202_k2:882202_k3</isParentOf>
<isChildOf/>
</relation>
</itemMetadata>
<channel>
<content>
<text/>
<body>
<p>Lundi 4 juin 2018. Une énorme trottinette électrique se gare devant le 55, rue du Faubourg Saint-Honoré, à Paris. Elle passe rapidement les portiques de sécurité, s'engage sur les gravillons, tourne à gauche et stationne dans la cour Est. Son propriétaire se passe la main dans les tresses -il sort de chez le coiffeur-puis il monte, en habitué, les marches du perron de l'Élysée. Le Premier ministre le salue: <i>“Salut Makao!” </i>Un pseudonyme lingala, dialecte congolais. <i>Ma </i>signifie “prendre” ; <i>Kao </i>est de la phonétique stylisée ; Makao, “prendre KO”. Makao se fait photographier en haut des marches avec les autres membres du service de sécurité du candidat Macron, comme le 15 mai 2017, jour de l'investiture, où il avait posé avec le couple présidentiel en légendant sur Instagram: “C'est moi le chouchou du palais. ” Ce 4 juin, c'est La Rotonde au château, comme pour le soir du premier tour. Emmanuel Macron a invité à nouveau tous ceux qui ont participé à sa campagne présidentielle. Dans la foule, Makao salue son ancien patron, celui qu'il considère comme son <i>“grand frère, même s'il est légèrement plus jeune” </i>, un certain Alexandre Benalla <i>-“Oh, tu t'es rasé la barbe!” </i>Puis il demande au fidèle adjoint de son boss, Vincent Crase, s'il est bien sur la liste des 300 invités du soir. Une fois à l'intérieur, Makao attend son tour pour exposer à Brigitte Macron son projet secret: il rêve d'être médiateur entre les jeunes paumés et le haut de la pyramide du pouvoir.</p>
<p>La première dame, débordée de sollicitations, se tourne vers son chef de cabinet et promet une rencontre rapide pour en reparler tranquillement. Mais voici <i>“le chef ” </i>, comme il le surnomme, qui arrive. Emmanuel Macron l'interroge: <i>“Qu'est-ce que tu fais?” </i>Makao ne répond pas qu'il est au chômage. <i>“ Je suis en vacances. ” “Tu m'avais déjà dit ça en mars à Tours! Arrête d'être en vacances. ” </i>Le chef de l'État appelle Alexandre Benalla. <i>“Alexandre, il faut le faire revenir!” </i>Se tournant en souriant vers Makao: <i>“Tu sais que c'est physique d'assurer ma protection, ça ne te fait pas peur?” </i>Makao, qui inscrit ses mensurations comme présentation sur les réseaux sociaux -2,13 mètres et 145 kilos-, répond qu'il n'a pas peur. Le président de la République rit, lève haut le bras pour atteindre son épaule et ordonne à nouveau: <i>“Alors, Alexandre, fais-le revenir. ” </i>Trois jours et deux nouvelles photos avec le couple présidentiel postées sur les réseaux sociaux plus tard, Alexandre Benalla lui téléphonera, effectivement.</p>
<p>Mais pour lui ordonner de couper les ponts. Car entre-temps, Makao -lui aussi- a fait une grosse bêtise: il est apparu en vidéo avec Jawad Bendaoud, “le logeur de Daech”. L'autre scandale.</p>
<h3>“J'étais un vampire”</h3>
<p>C'est fin 2014, dans des soirées capverdiennes à Nogent-sur-Marne, que la carrière de Makao dans la sécurité a débuté. Après une première carrière de rugbyman, le natif de Kinshasa est repéré dans un supermarché par un ancien de la BAC, qui lui lance: <i>“Vu ta corpulence, ça t'intéresse pas de faire de la sécurité?” </i>Makao dit oui, et fait bientôt la tournée des boîtes parisiennes. Le Milliardaire, Chez Papillon, Le Select, Chez Régine, Le Crystal, L'Appart.</p>
<p>Son boulot consiste à croiser ses énormes bras et à froncer les sourcils. <i>“À cette époque, j'étais un vampire qui couchait des mecs en un seul coup </i>, se souvient-il. <i>Je ne vivais que la nuit. Mes boss ont kiffé sur moi. C'est parce que j'ai un secret: quand il fait sombre, je ferme les yeux et j'utilise mes sens. ” </i>Makao dort quinze heures par semaine, travaille toutes les nuits et enchaîne le jour en assurant la sécurité de la piscine de Puteaux. Un jour, au Select, il rencontre Youssef, le cousin de French Montana. Le rappeur cherche un garde du corps. Le cousin appelle la mère du rappeur via Skype, filmant juste son buste -<i>“J'ai quelqu'un pour ton fils. ” </i>C'est parti pour une tournée européenne. En Allemagne, Makao sympathise avec un des chauffeurs de la tournée, qui lui présente, en octobre 2016, Alexandre Benalla. Les deux hommes sont en train de monter une petite équipe pour un jeune type que personne n'imagine alors devenir président de la République.</p>
<p>Emmanuel Macron a démissionné à la fin de l'été du ministère de l'Économie. Son ancien collègue, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, refuse de lui attribuer une protection policière, ne l'estimant pas menacé. Le pas-encore-officiellement-candidat a donc besoin de renfort. Il trouve rapidement un surnom à ces hommes qui ne sont pas policiers mais qui sont prêts, comme un soir de meeting à Metz, à essuyer pour lui des tirs de boules puantes: <i>“Ma propre agence tous risques. ” </i>À côté de Benalla et Makao, on trouve Kamel, surnommé “Gladiateur”, Jamel, alias “Judoka”, Christian, dit “Papi”, Tristan, “Barbiche”, ou encore “Momo Testo” et Darko “le Serbe”…</p>
<p>Makao devient employé d'En marche!</p>
<p>Aujourd'hui, au moment de raconter la campagne présidentielle, il se rappelle les <i>“trois petits louches” </i>à Albi, qui se sont révélés être fichés S, les menaces reçues à Sarcelles, sa première poignée de main avec le candidat le 16 janvier à Versailles et son comique de répétition -<i>“Il me disait toujours: </i>'Ça va, tes problèmes capillaires?' <i>et </i>'Fais attention, Makao, tu pourrais blesser quelqu'un en tombant'. <i>” </i>Et son histoire préférée. <i>“Comment il s'appelle, déjà , celui qui s'est rallié à Marine Le Pen?” </i>Un soir, une vingtaine de militants de Nicolas Dupont-Aignan viennent coller des affiches devant le QG d'En marche!, dans le XV e arrondissement. Makao les voit arriver de loin, les laisse approcher, attend qu'ils soient juste en bas et lâche une bouteille d'eau du quatrième étage, avant de sortir très vite en hurlant. <i>“Ils ont tellement cavalé. J'étais mort de rire, laisse tomber. ”</i></p>
50 premières lignes sur 151. La suite du XML et son téléchargement sont réservés aux permanents SoPress connectés.
Se connecter pour tout voir