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    <title>GARDES DU CORPS ET POLITIQUES MODE D'EMPLOI</title>
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        <p>Comment se passent les relations entre les personnes de pouvoir et ceux qui sont censés les protéger ? Témoignages des deux cÎtés.</p>
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      <publisher>So Presse</publisher>
      <creator>PAR RÉMY DESCOUS-CESARI ET AXEL NADEAU</creator>
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          <p><i>“Vous ne pouvez plus acheter de sous-vĂȘtements au Monoprix sans avoir quelqu'un sur vos talons!” </i>plaisante CĂ©cile Duflot, qui avoue avoir parfois essayĂ© de se soustraire Ă  la surveillance de son “officier de sĂ©curitĂ©â€ (OS) du temps oĂč elle Ă©tait ministre. Peine perdue: Ă  l'instant mĂȘme oĂč une personne devient membre du gouvernement ou est Ă©lue Ă  la fonction suprĂȘme, elle se voit aussitĂŽt attribuer des fonctionnaires de police du service de la protection, le SDLP, qui compte environ 1 200 agents. Les OS apportent une assistance aux politiques qu'ils protĂšgent: ils prĂ©parent les dĂ©placements, se rendent en amont sur les lieux, peuvent parfois placer leur discours sur le pupitre juste avant leur prise de parole, entre autres dizaines de * , officier de sĂ©curitĂ© du SDLP depuis plusieurs annĂ©es, rĂ©sume le travail ainsi: <i>“En fait, notre job, c'est de les amener au bon endroit, au bon moment, Ă  la bonne heure. ” </i>Et parfois de les en sortir. Lors des journĂ©es d'Ă©tĂ© des Ă©cologistes Ă  Marseille en 2013, CĂ©cile Duflot, alors ministre du Logement, s'Ă©tait rendue un soir dans une boĂźte de nuit gay de la citĂ© phocĂ©enne pour fĂȘter l'anniversaire d'un membre du parti.</p>
          <p>Lorsque, sans prĂ©venir, un jeune homme s'approcha d'elle afin de lui proposer du poppers. <i>“Mon OS est devenu livide, puis rouge, </i>raconte l'Ă©lue. <i>Il m'a dit: </i>'Il faut partir madame la Ministre! Il faut partir!' <i>”</i> De 1994 Ă  2014, Pascal Bitot-Panelli a protĂ©gĂ© une dizaine de ministres et organisĂ© de nombreux voyages du prĂ©sident de la RĂ©publique. Cet ex-commandant fonctionnel du service de protection des hautes personnalitĂ©s (SPHP devenu en 2013 le SDLP) se souvient bien de ce jeu du chat et de la souris entre politiques et OS. <i>“Des ministres ont dĂ©jĂ  essayĂ© de sortir sans que mon Ă©quipe ne les voie </i>, confie-t-il. <i>Une sorte de test. Mais j'ai de la chance, ils n'y sont jamais arrivĂ©s. ”</i></p>
          <p>L'homme fut, notamment, le chef de sĂ©curitĂ© de Christiane Taubira. <i>“Elle avait une trĂšs forte personnalitĂ© mais aussi le respect du professionnalisme et du champ d'action des gens </i>, se souvient-il. <i>Si elle souhaitait continuer Ă  faire du vĂ©lo environ trois fois par semaine,</i> <i>ça ne nous posait pas de problĂšme. C'Ă©tait Ă  nous de nous adapter </i>Traduction: Ă  chaque <i>” </i>. nouvelle mission correspond une nouvelle façon d'exercer le mĂ©tier. <i>“Les politiques partent du principe que quand vous entrez dans leur bulle, vous devez ĂȘtre avec eux” </i>, Ă©claire Pierre * , un ancien policier du SDLP.</p>
          <p>L'expression n'est pas galvaudĂ©e: les OS suivent, pour de vrai, leur patron comme leur ombre. <i>“Ils sont tellement tout le temps avec nous que, parfois, il valait mieux appeler directement notre OS pour ĂȘtre sĂ»r de nous joindre, </i>se souvient Duflot. <i>D'ailleurs, mes enfants avaient leur numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone en cas d'urgence </i>. <i>”</i></p>
          <p>ConsĂ©quence: l'emploi du temps des officiers de sĂ©curitĂ© est si chargĂ© que certains partent Ă  la retraite deux ou trois ans en avance pour solder leurs congĂ©s. <i>“Parfois, on fait sept jours dans le rouge, pendant lesquels on travaille tout le temps. Ces semaines-lĂ , on voit trĂšs peu nos enfants”, </i>confie Sarah, l'une des trĂšs rares femmes OS du SDLP -elles ne sont qu'une dizaine. Une mission d'autant plus difficile Ă  remplir qu'il faut ĂȘtre en permanence en Ă©veil. <i>“Le plus grand ennemi d'un OS, c'est la routine, </i>assure Pierre <i>. C'est un mĂ©tier qui peut rendre parano. ” “Je me rappelle que je faisais attention Ă  tous les gestes qui trahissaient son stress. Parfois, il trĂ©pignait, avait les mains qui s'agitaient... ” </i>raconte Jean-Pierre Diot Ă  propos de Nicolas Sarkozy, dont il assurait la protection quand il Ă©tait ministre de l'IntĂ©rieur.</p>
          <blockquote>Mais ils n'y sont jamais arrivĂ©s” <b>Pascal Bitot-Panelli, ex-commandant fonctionnel du SPHP</b></blockquote>
          <p>L'OS est omniprĂ©sent mais se doit surtout d'ĂȘtre invisible. <i>“La qualitĂ© d'un OS, c'est avant tout la discrĂ©tion </i>, assure Diot. <i>Quand la mission est rĂ©ussie, la personnalitĂ© a l'impression que l'ons n'Ă©tait pas lĂ . On doit se placer physiquement lĂ  oĂč elle ne nous sent pas. ” “On doit ĂȘtre tout le temps d'humeur Ă©gale, toujours agrĂ©able, silencieux. En gros, on n'a rien Ă  voir avec le profil de Monsieur Benalla, qui manquait, je pense, de beaucoup de discrĂ©tion” </i>, ironise Sarah.</p>
          <h3>Quand la relation devient intime</h3>
          <p>Toutes les personnes en charge de la sĂ©curitĂ© des politiques ne sont pas systĂ©matiquement des policiers. Elles peuvent venir parfois du privĂ©, comme l'a rĂ©cemment montrĂ© l'affaire Benalla, ou ĂȘtre de “simples” militants qui assurent la protection des politiques, notamment au PS ou Ă  La France insoumise.</p>

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