SOCIETY

NORA HAMZAWI story

entité 12/38 · identifiant 1610885

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Pages 14, 15 du magazine — se connecter pour les voir.

text 1610885_k1 NORA HAMZAWI

Top 5

L’humoriste vient de lancer un podcast dans lequel elle aborde le thùme de l’apparence. Une bonne raison de lui demander de les transformations physiques de sa vie.

Par NICOLAS FRESCO

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8 ans

Les taches de rousseur

“L’étĂ© de mes 8 ans, j’ai passĂ© une journĂ©e Ă  la plage prĂšs de San Diego avec mes cousines qui habitaient en Californie. Et il y a eu un avant et un aprĂšs. En rentrant, je n’avais plus du tout la mĂȘme tĂȘte. Mes cheveux Ă©taient devenus blond vĂ©nitien Ă  cause d’un spray au citron qu’elles m’avaient dit de mettre dessus et, surtout, j’avais 100 taches de rousseur qui Ă©taient apparues subitement, avec le soleil. Sur le coup, ma famille trouvait ça mignon, et moi, je m’en foutais un peu. Mais plus tard, au collĂšge, les gens ont commencĂ© Ă  faire des blagues genre ‘Ah tu t’es fait chier dessus par des mouches’, et ça m’a fait complexer. MĂȘme quand j’ai commencĂ© Ă  la tĂ©lĂ©, les maquilleuses me demandaient: ‘On les cache ou pas, les taches?’ Toujours un truc pour te rappeler que tu ne corresponds pas Ă  la norme. Aujourd’hui, c’est la mode, les meufs s’en font des fausses. Ça me rend ouf. Toute ma vie, j’ai complexĂ© d’un truc, et maintenant, c’est subitement cool. Heureusement qu’en vieillissant j’ai fini par les aimer. Le dĂ©clic, c’est quand mon fils a commencĂ© Ă  en avoir, vers 7 ans: j’ai trouvĂ© ça trop beau.”

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11 ans

Les appareils dentaires

“Je pense que dans les annĂ©es 1990, il y a vraiment eu d’énormes abus des orthodontistes. J’avais des dents trĂšs bien, mais apparemment, il n’y avait pas de place pour que les dents de sagesse poussent. Donc j’ai enchaĂźnĂ© les appareils: le truc au palais, celui de nuit qui te prend toute la bouche, les bagues avec les Ă©lastiques sur les cĂŽtĂ©s qui explosent Ă  chaque fois que tu bĂąilles
 C’est vraiment le symbole de toute la gaucherie de l’adolescence. Et c’était horrible parce que c’était Ă  un Ăąge oĂč les garçons Ă©taient devenus mon unique passion. J’avais l’impression que ça m’empĂȘchait d’ĂȘtre une grande personne. Je me disais: ‘VoilĂ , tu ne rouleras jamais de pelles.’ Quand j’ai enlevĂ© les bagues, je me souviens de la sensation d’avoir Ă©normĂ©ment de place dans la bouche, c’était vraiment un sentiment dĂ©licieux. Puis j’ai rattrapĂ© le temps perdu, en roulant beaucoup de pelles. Mes dents de sagesse, elles, n’ont jamais poussĂ©.”

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15 ans

Les seins

“J’ai eu une pubertĂ© trĂšs tardive par rapport Ă  mes copines, qui Ă©taient toutes formĂ©es et rĂ©glĂ©es quand moi, j’étais encore une vraie planche Ă  pain. Tous les soirs, je soulevais des bouteilles d’eau pour travailler mes pecs et faire pousser mes seins. Et puis un Ă©tĂ©, je ne sais pas ce qu’il s’est passĂ©, mais quand je suis rentrĂ©e en septembre, j’avais des gros seins. C’était magique, comme si l’univers m’avait enfin entendue. Je me suis mise Ă  ne porter que des hauts ultra moulax. Sauf qu’à la rentrĂ©e, en me voyant arriver avec mes crop tops, tout le monde a dit: ‘Elle a rembourrĂ© ses soutiens‑gorge.’ J’ai fini par les montrer Ă  un mec qui me plaisait Ă  l’époque, et ça a fait taire la rumeur. Comme j’étais quelqu’un d’assez complexĂ©, que je ne me trouvais pas trĂšs fĂ©minine, j’ai vraiment vu mes seins comme deux trophĂ©es qui m’ont permis de m’émanciper en tant que femme et en tant qu’adulte.”

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33 ans

La grossesse

“La grossesse, j’ai trouvĂ© ça trĂšs dur. J’ai des copines qui m’avaient parlĂ© du fameux glow de grossesse, oĂč tu as une peau magnifique, et qui m’avaient dit que c’était une pĂ©riode oĂč elles s’étaient senties hyper fortes, puissantes ou sereines comme Bouddha. Bah moi, j’ai redĂ©couvert l’acnĂ©, je me trouvais moche, je vomissais toute la journĂ©e et plus les mois avançaient, plus je me sentais comme une sorte de tortue qu’on aurait foutue sur sa carapace. J’avais le sentiment qu’il fallait que je protĂšge un bĂ©bĂ© et que tout autour de moi c’était la jungle. Hormonalement, j’étais trĂšs colĂ©rique, je pense que je n’étais vraiment pas quelqu’un de sympa Ă  frĂ©quenter. Et puis, j’ai dĂ©couvert une autre facette de mon corps et mes premiers trucs de vieille: les reflux gastriques, les hĂ©morroĂŻdes, le corps qui se relĂąche. J’ai juste bien aimĂ© les premiers mois parce que mes seins avaient Ă©normĂ©ment gonflĂ©. C’est aussi le seul moment oĂč la notoriĂ©tĂ© m’a gĂȘnĂ©e, car je suis trĂšs discrĂšte sur ma vie privĂ©e, et lĂ , comme c’était visible, j’avais l’impression que les gens avaient accĂšs Ă  mon intimitĂ©. Alors que j’aurais prĂ©fĂ©rĂ© que ça reste cachĂ©.”

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42 ans

La ptĂŽse

“Pour moi, il y a deux catĂ©gories de vieillesse. Il y a les gens qui rident et ceux qui pendent. Vu comment ma mĂšre vieillit –et elle est trĂšs belle!–, je vais faire partie des gens qui pendent. Les bras, les bajoues, ça va descendre. Je le vois, je fais des gestes face au miroir que je ne faisais pas avant. Plus jeune, je m’attrapais les cuisses pour les affiner, lĂ , je me remonte les seins et le visage. La gravitĂ© commence Ă  faire son chemin. J’ai appris rĂ©cemment que ça s’appelait la ‘ptĂŽse’. Et je trouve que le mot sonne vraiment comme ce que c’est. Quand j’entends ‘ptĂŽse’, je vois mes deux gants de toilette, le menton sur le buste, tout qui dĂ©gouline. Je trouve ça dur parce que les rides, c’est comme des traces de la vie, il y a un truc un peu poĂ©tique, alors qu’on n’a jamais vu quelqu’un pendre et se dire: ‘Quelle Ă©lĂ©gance!’ AprĂšs, j’ai le sentiment que l’apparence, ça ne vaut que jusqu’à 40 ans. De 20 Ă  40, tu veux ĂȘtre belle, aprĂšs tu captes que tu ne vas faire que dĂ©cliner. Et je trouve que ça pousse Ă  enfin assumer sa fĂ©minitĂ©, Ă  faire pĂ©ter les cuissardes, Ă  porter des trucs que tu n’aurais pas osĂ© porter avant. Il y a une joie là‑dedans.”

Écouter: En apparence sur les plateformes de podcasts et YouTube Lire: Couple: Splendeurs et misĂšres de la vie Ă  deux (Seuil) Voir: Spectacle en tournĂ©e et aux Folies BergĂšre (Paris) du 1er au 3 dĂ©cembre

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copyrightILLUSTRATIONS: CLÉMENTINE OBERKAMPF POUR SOCIETY

text 1610885_k8 NORA HAMZAWI

Top 5

L’humoriste vient de lancer un podcast dans lequel elle aborde le thùme de l’apparence. Une bonne raison de lui demander de les transformations physiques de sa vie.

Par NICOLAS FRESCO

TÉLEX. Il a fallu une centaine de pĂątissiers italiens, 19 000 Ɠufs, 400 kilogrammes de sucre et 128 000 biscuits pour rĂ©aliser un tiramisu long de 440,58 mĂštres: un nouveau record du monde.

text 1610885_k9 NORA HAMZAWI

Top 5

L’humoriste vient de lancer un podcast dans lequel elle aborde le thùme de l’apparence. Une bonne raison de lui demander de les transformations physiques de sa vie.

Par NICOLAS FRESCO

TÉLEX. En Californie, trois hommes ont tentĂ© d’arnaquer leur assurance en mettant en scĂšne une attaque d’ours sur leurs voitures de luxe. Mais une vidĂ©o a rĂ©vĂ©lĂ© que l’animal Ă©tait un homme dĂ©guisĂ©.